Un enfant pour l’éternité
- Isabelle de Mézerac
Par Marthe Lépine
Préface de Jean-François Mattei, professeur
de génétique, membre de l'Académie Nationale
de Médecine, Ministre de la Santé, de la Famille et
des Personnes handicapées (France)
Suivi de:
Réflexions autour d’un berceau vide ou comment
introduire la démarche des soins palliatifs en maternité,
Isabelle de Mézerac et le docteur Jean-Philippe Lucot, avec
le concours du docteur Donatien Mallet, responsable de l’Unité
de soins palliatifs de l'hôpital d'Haubourdin
Comprenant :
une introduction par le Professeur Fancis Puech, Professeur des
Universités, Chef de service du Centre pluridisciplinaire
de diagnostic anténatal, Maternité Jeanne-de-Flandre,
CHU de Lille et une postface par Pierre-André Lecocq, Agrégé
des facultés de droit, Professeur à l'Université
du droit et de la Santé de Lille-II.
Éditions du Rocher, 2004
« Je pleurais d'attendre un bébé
trop handicapé pour vivre et pour soulager ma souffrance,
on me proposait de le supprimer! »
Cette citation tirée du petit livre de Mme
de Mézerac résume parfaitement cet ouvrage d’à
peine plus d’une centaine de pages, histoire de l’amour
d’une mère qui est allée jusqu’au bout
et réflexion sur sa démarche.
À 45 ans, après avoir déjà eu quatre
enfants, dont deux sont maintenant jeunes adultes, puis deux fausses
couches, une maman se découvre soudainement enceinte de nouveau.
La grossesse est confirmée à peine trois semaines
avant la date prévue d'une hystérectomie.
Une fois revenue de sa surprise devant cet événement
improbable, maintenant, avec le soutien de son mari et de ses enfants,
prête à accueillir ce 7e membre de la famille qui s’annonçait
par surprise mais s’accrochait à la vie, la maman accepte
avec ravissement et bonheur ce chambardement de sa routine. Mais,
au moment d’une échographie prise à la fin du
premier trimestre, c’est la catastrophe. L’enfant à
naître est déjà condamné. On apprend
qu'il est atteint d'un handicap létal : trisomie 18 accompagnée
d’une hernie du diaphragme.
On aurait pu, et c'était légal, pratiquer
un avortement thérapeutique. Mais cela n’aurait rien
changé. Qu’elle vienne de l’interruption d’une
grossesse qui avait été pleinement acceptée
et désirée ou du deuil de l'enfant qui n’aura
fait que passer quelques minutes dans sa famille, la peine de la
maman resterait tout aussi intense. La douleur une fois installée,
il aurait été impossible de la fuir simplement par
une interruption de la grossesse. Après mûre réflexion,
les parents décident de ne pas refuser la vie à leur
fils, même si elle devait se mesurer en minutes plutôt
qu’en années. Ainsi, l’enfant aura un nom, un
état civil, sa place à part entière dans sa
famille.
Avec l’encouragement et le soutien de sa famille, Isabelle
a choisi d’aller jusqu’au bout de la grossesse, d’accepter
pleinement la douleur, de tout donner ce qu’elle pouvait donner.
Dans son coeur, la maman a senti qu’il valait mieux accueillir
l’expérience jusqu’au fond, établir quand
même une relation intime avec l’enfant qui se développait,
protégé par son corps, l’accepter pleinement
pour en ressortir plus forte, riche de cet échange d’amour
au plus intime d’elle-même.
Ce petit livre nous raconte l’histoire de cette grossesse,
décrit l’accompagnement médical et psychologique,
ainsi que la participation des autres membres de la famille. Il
présente la démarche des soins palliatifs périnataux
comme une alternative non seulement valable, mais enrichissante.
L’enfant aura vécu à peine une heure et demie,
mais sa présence aura tout changé dans cette famille.
La vie a ensuite repris son cours normal, mais rien n’est
plus pareil.
En deuxième partie du livre, Mme de Mézerac est accompagnée
de plusieurs spécialistes des soins périnatals pour
nous livrer une réflexion sur cette expérience. L’avortement
thérapeutique n’est pas le seul choix, et probablement
pas toujours le meilleur, de toute façon. Il y a une réelle
alternative. Il suffit d’aimer jusqu’au bout…
Marthe Lépine habite Russell, Ontario. Elle est traductrice
et rédactrice à la pige depuis 27 ans.
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