Les
bébés Éprouvettes
By Louise Harbour
Aujourd'hui,
l'avortement est présenté comme un droit à
respecter. A ce droit, notre société en ajoute maintenant
un nouveau, le droit à l'enfant. A un extrême, on accepte
la destruction de la vie humaine non-désirée par l'avortement
et à l'autre, l'on est prêt à dépenser
des sommes considérables pour créer une vie à
tout prix en utilisant diverses nouvelles techniques médicales
de reproduction. Cette attitude schizophrénique de la science
et la société devient de plus en plus évidente
durant ces dernières vingt années. Et que dire de
ces techniques de reproduction artificielle?
Les nouvelles
méthodes de reproduction assistée ne démontrent
aucune révérence pour la vie humaine. La science devient
maître de la vie et la valeur de certains êtres humains
est mise en question. Egalement, les problèmes liés
à ces techniques sont nombreux.
Premièrement,
il semble que l'enfant est traité comme une commodité,
un objet, un enfant fait sur mesure avec absence de toute imperfection.
En plus de combler le désir du couple ou de l'individu d'avoir
un enfant, ces techniques visent à assurer une "bonne
reproduction" c. a. d. un enfant sans anormalités ou
maladies. Elles ne traitent pas l'infertilité du couple mais
répondent à leur désir d'avoir un enfant.
Deuxièmement,
ces techniques ouvrent la porte pour la pratique de l'eugénisme
et permettent la manipulation génétique. Lors de la
fécondation in-vitro par exemple, cet embryon fabriqué
en éprouvette doit subir un diagnostic pré-implantation
quand il a développé quatre cellules. Si cet examen
révèle des risques majeurs, l'embryon sera détruit.
L'enfant conçu de cette façon devient le sujet de
nombreux examens subi à différents stages de son développement
après l'implantation. S'il faillit l'un de ces tests, la
décision peut être prise d'avorter.
Les embryons
de surplus résultant du procédé F.I.V. sont
congelés. Il existe maintenant à travers le monde
des milliers d'embryons dans cet état de congélation.
Si les premiers essais d'implantation ne connaissent pas le succès,
on peut avoir recours à ces embryons dans le futur. En fait,
beaucoup de ces embryons ne sont jamais utilisés et après
un certain nombre d'années peuvent être détruits
(en Angleterre et en France, après une période de
cinq ans). Plus de 50% des embryons meurent lors du procédé
de congélation et décongélation. D'autres connaissent
un sort différent. Ils servent comme objet d'expérimentation
en laboratoire. Finalement, ces techniques rendent possible la destruction
des embryons quand l'on soupçonne la présence de maladies
ou conditions.
En ce qui
concerne le taux de succès de ces techniques, il faut noter
que les 370 essais d'implantation de F.I.V. des Drs. Steptoe et
Edwards avant la naissance de Louise Brown, n'ont produit que deux
grossesses. On ne connaît pas le nombre d'embryons détruits.
Un nouveau
souci surgit à l'horizon. Certains proposent l'adoption des
embryons. S'il est possible d'adopter un embryon, les défendeurs
du droit à l'avortement craignent que cette adoption donnerait
à l'embryon un statut d'être humain, de personne. Présentement,
les embryons de surplus d'un couple peuvent être donnés
à un autre couple ou femme célibataire si le couple
le désire au lieu d'être détruits ou utilisés
pour fin de recherche selon les experts en infertilité de
la clinique de l'Université Western Ontario dans leur rapport
préliminaire. Un groupe discussion du ministère de
la santé considère que cette pratique est raisonnable
et morale s'il s'agit d'un choix informé de la part du couple
donnant le sperme et l'ovule.
Les cliniques
d'infertilité canadienne implantent déjà les
embryons d'autres couples dans des femmes infertiles. Ils ne peuvent
pas être payés pour leur don. Dans le futur, les parents
biologiques pourraient participer à la décision du
placement de la même façon qu'une femme peut choisir
le couple adoptif pour son enfant. Sur l'internet, au site Repromed,
AVR Andrology offre $2,000.00 aux femmes entre 20 et 35 ans pour
leurs oeufs. L'argent n'est payé que si la ceuillette d'ovules
est un succès. Selon la clinique , le paiement n'est pas
pour les oeufs mais comme compensation pour le temps, l'inconvénient
et l'inconfort.
Il existe
plusieurs inquiétudes vis à vis ces méthodes
de reproduction assistée : la destruction de la vie humaine,
l'exploitation de la femme, de son corps, les risques de santé
attachés à ces méthodes et de plus la vente
et l'achat d'enfants. Il faut également penser à la
confusion des relations familiales, la dislocation du lien parental
et finalement le destin des embryons orphelins dont le sort pourrait
être décidé par comité. La justice sociale
demande que les droits soient rencontrés avant que les désirs
soient satisfaits selon le professeur Donald De Marco.
Avant notre
société, avait la certitude que quand un bébé
sortait du ventre de sa mère, celle-ci était la mère
de cet enfant. Aujourd'hui, nous avons perdu cette certitude.
Nous faisons
face à une mentalité qui préconise que puisque
quelque chose est possible rien ne devrait s'y opposer. Mais est-ce
qu'il est bon de permettre une action, simplement parce qu'elle
est possible? Les nouvelles techniques de reproduction artificielle
font de la procréation, un procédé de manufacture.
L'enfant est créé comme un produit de laboratoire.
Et qui jugera du caractère éthique de toutes les application
de ces découvertes scientifiques? Quelles sont les implications
pour les enfants qui sont nés de don embryonnaire? La possibilité
existe pour ces enfants de marier dans le futur, leur demi-frère
ou demi-soeur puisqu'ils ignorent l'identité du donneur.
En conclusion,
il faut se rappeler que l'embryon est un être humain à
respecter. Tout enfant a le droit de ne pas être congelé,
dégelé, détruit, créé en laboratoire.
Il doit y avoir des limites placées sur ces interventions
techniques de reproduction artificielle, sinon elles mèneront
à un véritable bouleversement de la nature de la vie
humaine, de la procréation et du concept de la vie.
Louise Harbour is editor
of Action Life News where this article appeared in the
November, 1999 issue. Reprinted with permission.
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